Articles sur la ménopause

PAR RUTH SZULSZTEIN

Qu’est ce que la ménopause ?

Tôt ou tard, vous allez entrer en ménopause, un tournant majeur de la vie des femmes qui se caractérise par la fin du cycle ovarien. Ce n’est pas une maladie mais un processus naturel qui s’accompagne pour une majorité de femmes d’un cortège de désagréments (bouffées de chaleur, sueurs nocturnes, ostéoporose, irritabilité, déprime, troubles cognitifs de concentration …)

Cette période de transformations hormonales touche les femmes de 45 à  55 ans, elle impacte leur quotidien dans différentes sphères et altère leur qualité de vie. La ménopause est un événement avec une double réalité physiologique et psychologique. Il existe une intrication forte de ces deux dimensions, physiologique et psychologique et même psycho-sociale qui nécessite d’autant plus d’avoir une approche globale et intégrative.

C’est aussi un événement du milieu de la vie si tant est que l’on puisse définir mathématiquement ce milieu de vie.

A 50 ans, une femme a une espérance de vie d’une trentaine d’années, qui s’accompagne très souvent d’une relecture du sens de sa vie. On revisite et redéfinit ses besoins. Se dirige-t-on vers une crise existentielle ou une période de reconstruction de soi ?

 Un mot qui fait peur ?

La ménopause est un mot qui fait peur parce qu’il est connoté négativement et ne laisse présager rien de bon : un cortège de symptômes dont les bouffées de chaleur remportent la palme, une prise de poids tant redoutée, la déprime, etc, une période jalonnée de pertes et de renoncements en tous genres liés aux évènements de la vie et associés à la fin de la jeunesse, fin de la fertilité, de la maternité…

Synonyme de…

Synonyme de mauvaise passe ou de bascule dans la vieillesse, la ménopause met l’identité féminine à l’épreuve du temps, elle porte atteinte à l’image des femmes, une épreuve narcissique difficile à vivre.

Un sujet tabou ?

Dans nos sociétés occidentales, nous sommes abreuvées d’informations sur la ménopause. Ces informations sont surtout médicales, vulgarisées et diffusées dans des magazines ciblés. Malgré cette abondance d’informations, les femmes n’abordent pas ouvertement le sujet. La ménopause semble vécue de manière confidentielle et encore entachée de tabou.

Bien se préparer à la ménopause

Se préparer à la ménopause, alors qu’il s’agit d’un processus naturel, peut surprendre. Un processus naturel, certes, mais complexe en raison de sa double dimension physiologique et psychologique, pouvant susciter appréhension et idées reçues.

Se préparer à la ménopause, c’est se préparer à accueillir cette nouvelle étape incontournable de la vie de la femme, avec ses manifestations, l’apparition des premiers signes : irrégularité du cycle ovarien et survenue des bouffées de chaleurs, changement d’humeur, insomnie …et prendre connaissance des traitements pour pouvoir faire un choix éclairé.

Se préparer à la ménopause, c’est vouloir être actrice de sa santé et de son destin de femme. C’est l’accepter, sans peur ni dramatisation mais comme quelque chose d’universel et qui me relie aux autres femmes. Se préparer à la ménopause c’est faire le point sur ses connaissances, ses informations et se projeter sereinement quant arrive ce tournant.

Quelle idée, quelles représentations je me fais de la ménopause ? Ai-je des préjugés ? Est-ce tabou autour de moi au point de ne pas oser en parler ? Comment vais-je vivre cette nouvelle phase de ma vie, comment vais-je négocier ce tournant ? Quelles sont mes peurs, mes craintes ? Que vais-je perdre sur le plan de ma libido, de mes désirs ? etc. Il est normal de se poser ces questions mais préférable de ne pas rester isolée face à elles.

L’atelier Bien se préparer à la ménopause vous prépare à accueillir cet évènement avec sérénité, vous apportant des réponses et des clés pour vivre la ménopause sans blues.

Les bouffées de chaleur, maudites bouffées de chaleur !

À l’approche de la cinquantaine, les femmes font progressivement connaissance avec les bouffées de chaleur, ce dont elles se passeraient bien tant elles leur gâchent la vie. Les bouffées de chaleur s’invitent d’abord sur la pointe des pieds puis vous colonisent tout le buste, décolleté, tête et cou compris. C’est chaud, c’est ruisselant à souhait, c’est la canicule quelle que soit la saison. Qu’est-ce que j’ai fait pour vivre ça se demande Sophie 49 ans, rouge comme un piment d’Espelette, le doigt appuyé sur le brumisateur. Sophie n’est pas toute seule confrontée à ces bouffées de chaleur. Elle rejoint le club des 500 000 nouvelles femmes ménopausées, chaque année en France. Sans conteste, les bouffées de chaleur remportent auprès d’elles la palme des désagréments et figurent en première place du top ten des joyeusetés durant cette période : sueurs nocturnes, insomnie, baisse de moral, de concentration, irritabilité, angoisse, sécheresse vaginale, dépression, problèmes de poids… bref, un thermostat interne qui se dérègle : en cause, une rébellion hormonale qui marque l’arrêt de l’ovulation, de la production d’œstrogènes et de progestérone, la fin des menstrues et de la capacité à procréer et qui signe l’étape de la ménopause.

Si pour certaines, la ménopause et son cortège de désagréments ne les affectent pas dans leur tête et dans leur corps, – les veinardes -, la ménopause, pour la majorité représente un évènement marquant dans leur vie de femmes comme l’ont été, jadis pour elles, l’avènement des règles, la maternité…

Sophie, en nage et en pleine déliquescence, se demande légitimement comment mater cette rébellion hormonale qui ruine ses jours et ses nuits. Quel traitement choisir dans la jungle pharmaceutique pour rendre sa vie meilleure : le TSH ?, traitement substitutif hormonal, l’homéopathie ? Les plantes ? Une visite chez le médecin s’impose. Va-t-il pouvoir répondre à toutes ses questions et inquiétudes ?

La consultation chez le médecin est incontournable mais limitée dans le temps – pour cause de planning chargé – d’autre part la crise existentielle qu’accompagne souvent ce tournant majeur dans la vie des femmes, qu’est la ménopause, requiert également du temps et une compétence spécifique qu’offrent les différents ateliers de Voyages en Ménopausie.

Bienvenue dans Bien se préparer à la ménopause, La ménopause au travail, Le blues de la ménopause.

Les kilos à la ménopause, le poids des années
Une préoccupation obsessionnelle…

De tous les symptômes qui accompagnent la ménopause, le poids, entendez, la prise de poids, fait l’objet d’une préoccupation obsessionnelle chez les femmes autour de la cinquantaine et est perçu par elles, comme une véritable menace. Les femmes se plaignent d’être affublées d’une bouée abdominale qu’elles n’ont pas vue venir. Elles désignent ce « nouveau » ventre comme l’horreur suprême qu’elles nomment avec humour « bouée abominable ». Et toutes ont vite fait d’accuser la ménopause telle la fée carabosse et de pester contre cette fée malfaisante de transformer leur corps à leur insu. Perdre la ligne et la garde-robe, perdre la séduction, perdre le moral et l’estime de soi sont quelques uns des dommages collatéraux occasionnés par cette période de chamboulements.

Sur le plan physiologique, l’arrêt de la fonction ovarienne et la carence en œstrogènes ralentissent le métabolisme et favorisent l’augmentation de la graisse au niveau du ventre et l’apparition de la cellulite. C’est parce que les kilos à la ménopause sont une réalité pour beaucoup de femmes, que cette période de déséquilibres hormonaux est redoutée et ressentie comme une menace : Face A. 

Une menace pour toutes les femmes ?

La période de la ménopause est une période à risque pour la prise de poids du fait des déséquilibres hormonaux mais pas seulement. D’autres paramètres entrent en ligne de compte tels que l’âge, le mode de vie, ainsi que les habitudes alimentaires depuis de nombreuses années : bref, le poids des années. La ménopause est une période délicate qui s’accompagne aussi de bouleversements psychologiques : Face B. L’entrée dans la ménopause met à l’épreuve la vie des femmes dans leurs choix, leur capacité à séduire, les transformations du corps et leur identité …L’entrée dans la ménopause met en perspective les besoins spécifiques à cette période et les règles de vie adaptées à ce nouvel âge. Cela suppose de lutter contre les croyances et les préjugés : les conséquences de ce processus naturel qu’est la ménopause, ne sont pas une fatalité et chacune en devenant actrice de son nouveau statut de femme, peut faire des choix éclairés pour vivre les années encore nombreuses devant elle.

Les ateliers de Voyages en Ménopausie vous guident, vous accompagnent et vous soutiennent dans cette démarche.

Lire aussi : Comment se nourrir à la ménopause et La grenade le fruit des dieux

Comment se nourrir à la ménopause ?

Alors que les enfants, les adolescents, les jeunes adultes, les personnes âgées sont des publics en direction desquels les campagnes nationales en matière de santé diffusent des messages de prévention (obésité, sida, alcool, tabac, canicule, cancer du sein, Alzheimer…) il est une population, celle des femmes de 45-55 ans qui semble être la grande absente des politiques de santé en France. C’est comme si elles faisaient partie de la population générale sans distinction. Cela interroge quant à l’intérêt ou la connaissance réelle des besoins spécifiques des femmes qui franchissent et vivent à ce moment une étape majeure de leur vie, la ménopause. Ou est-ce parce que la ménopause est encore un sujet tabou dans notre société, qui expliquerait l’impasse sur cette catégorie ? Pourtant elles sont 11 millions de femmes ménopausées et 500 000 nouvelles femmes chaque année en France à connaître des bouleversements hormonaux et à être exposées potentiellement à des risques de santé (ostéoporose, risque cardiovasculaire, obésité, risques et prévention des cancers dits féminins…) Cela ne nécessiterait-il pas une éducation préventive et une politique de santé dédiée aux femmes à l’approche de la ménopause ? A la fois pour favoriser les bons comportements et à vivre en bonne santé tout en préparant les années à venir car l’espérance de vie augmente. Les femmes âgées de 45-55 ans ne sont-elles pas les futures séniores ?

La ménopause est un processus naturel dans la vie des femmes qui génère des chamboulements physiologiques et suscitent des questionnements sur la vie, les habitudes, le sens, les choix etc. La ménopause est un cap qui peut affecter les différentes sphères de la vie des femmes. Elle est une opportunité pour les femmes de reconsidérer leur mode de vie et notamment de changer et repenser leur alimentation, laquelle occupe une place très importante dans la façon de gérer la ménopause. De nombreuses études démontrent que l’alimentation est une alliée précieuse durant le processus et permet de soulager les troubles grâce aux apports nutritionnels des aliments. Elle joue un rôle majeur et serait une alternative au traitement substitutif hormonal qui sème encore de nombreuses réticences et le doute dans les esprits.

Alors comment repenser et adapter son alimentation à la ménopause ?

Il est d’abord intéressant d’analyser son mode d’alimentation en termes de choix des aliments, mange-t-on plutôt salé, sucré, épicé, gras ? A-t-on des repas, réguliers, anarchiques, équilibrés ? Mange-t-on souvent au restaurant ? Pour des repas d’affaires ? Combien de temps consacrez-vous à un repas ? Mangez-vous sur le pouce ? Avalez-vous de grandes quantités de nourriture ? Craquez-vous souvent sur des aliments, lesquels ? etc.

L’intérêt de ce premier tour d’horizon est d’analyser ses habitudes, ses besoins, en lien avec son état général de santé dans le but de bien préparer et vivre la ménopause.

Les besoins nutritionnels à la ménopause sont multiples. De nombreuses recherches démontrent que les aliments riches en fibres que l’on trouve dans les légumes crus ou cuits comme le brocoli, les choux, le chou-fleur, le cresson, le navet, la roquette, les légumineuses (lentilles, pois chiches…) pains et céréales à grains entiers, des graines de lin, de sésame, auraient un effet protecteur sur le risque du cancer du sein, des fruits, noix et ainsi que les minéraux, magnésium, calcium, les laitages, phosphore, fer, en oligo-éléments comme le zinc, le potassium, ont une influence efficace sur les troubles ressentis en les réduisant et sur la prévention de l’ostéoporose.

A la ménopause, les besoins énergétiques diminuent, il faut privilégier les protéines végétales et animales, comme le soja aussi riche que la viande, lequel se composerait naturellement d’hormones végétales et serait un aliment intéressant concernant les bouffées de chaleur, ce symptôme si incommodant ressenti par une majorité de femmes. Des viandes maigres, mais aussi les poissons gras plusieurs fois par semaine comme le saumon riche en vitamine D et en oméga 3, le maquereau, la sardine, la truite, les fruits de mer, les œufs, les produits laitiers. Il faut privilégier le calcium, les eaux minérales.

Parmi les risques courants à la ménopause que redoutent les femmes, il y a la prise de poids.

Les fluctuations hormonales modifient le stockage des graisses et se répartissent différemment colonisant le ventre ! Comment ne pas se retrouver avec une bouée autour du ventre, pouvant accroître les risques cardio-vasculaires ? Existe-t-il une diète spécifique à la ménopause ? Comme lorsqu’on fait attention à sa ligne, quelque soit l’âge, on évite les sucreries, l’alcool, les graisses animales. Il est recommandé de boire de l’eau et plus à la ménopause car la rétention d’eau guette et il faut éviter de manger salé. Pour cela, on peut relever le goût des plats avec des herbes, de l’ail, du curcuma…

Mais à la ménopause les femmes connaissent une baisse d’œstrogènes, un ralentissement du métabolisme, une diminution de la dépense énergétique, une fonte musculaire. Les besoins diffèrent donc de ceux d’une jeune femme, en calories, en portions et choix alimentaires etc.  L’alimentation jouerait également un un rôle intéressant dans la prévention des maladies cardio-vasculaires. Il faut éviter les produits industrialisés bourrés de sel, privilégier les fruits riches en antioxydants (grenade, datte, pomme…) et légumes, consommer de l’huile d’olive, de noix. Boire du thé vert, du lait de soja etc.

En conclusion, l’alimentation joue un rôle important à l’approche et tout au long du processus de la ménopause. Elle est un levier efficace dans la prévention des différents risques liés aux chamboulements hormonaux : ostéoporose, maladies cardiovasculaires, cancer du sein, troubles de l’humeur etc. C’est un allié précieux au quotidien au côté de l’activité physique et de l’attention que l’on porte à son corps, à l’esprit grâce notamment au yoga, la relaxation etc.

Un temps important pour se prendre en main, repenser son mode de vie et préserver une qualité de vie !

La ménopause, vous avez beau savoir…

Vous avez beau savoir qu’autour de la cinquantaine la femme vit et éprouve quelques bouleversements physiologiques et psychologiques car vous vivez dans une société de surinformation, vous avez beau lire la presse féminine, l’éplucher au bureau, à la cantine ou chez vous, en recueillir les témoignages et conseils, passer d’un magazine à l’autre, zapper les articles trop compliqués, les interviews de Nobel de médecine, vous avez beau consulter les gynécologues ou fréquenter les centres de consultation spécialisés comme le recommandent les grandes campagnes de santé publique, vous avez beau entendre parler de dépistage des cancers dits féminins, d’examens de mammographie, du risque de l’ostéoporose, de mises en garde et de tout un arsenal de mesures de prévention, vous avez beau faire main basse sur des stocks de capsules de soja ultra concentrées et autres dérivés miracles anti-ménopause, anti-âge vendus dans les pharmacies et parapharmacies, vous avez beau savoir que tout ça c’est la faute aux œstrogènes qui foutent le camp, fuguent et désertent la maison ovarienne, que cet abandon progressif puis définitif du domicile va marquer un coup d’arrêt irréversible à l’horloge biologique féminine qui s’était mise en route il y a quelques décennies, vous avez beau savoir que la machine ovarienne en cessation d’activité dépose le bilan hormonal de la vie des femmes avec pour solde des bouffées de chaleur, des sueurs nocturnes et avec pour corollaire des draps trempés qui bousillent vos nuits, une libido capricieuse qui flanche, une ostéoporose qui tricote de la dentelle, une prise de poids assortie de mauvaise humeur et du syndrome de la bedaine, et autres joyeusetés, vous avez beau savoir que la ménopause signe la fin d’un cycle naturel, celui de la fécondité féminine, elle sonne pourtant pour la plupart des femmes le glas du vieillissement de l’horloge biologique, du vieillissement tout court.

La ménopause n’est pas une maladie

Vous avez beau savoir que la ménopause n’est pas une maladie, vous n’arrivez pas à vous résoudre à ce déterminisme, à subir le sabotage et la mort des hormones, même si en réalité les règles et ses manifestations n’ont jamais été auparavant une partie de plaisir. Comme la plupart des femmes, vous redoutez particulièrement ce tournant majeur, synonyme de vieillissement et de déclin que vous renvoie une société qui porte au pinacle et célèbre la jeunesse et l’érige en norme faisant de vous des seniors pire des « mémères » et d’une pierre deux coups, des retraités incessamment sous peu, double peine en somme ! Un cadeau n’arrivant jamais seul…La retraite se profile à l’horizon marque aussi un arrêt et non la fin de la vie active. Femmes ménopausées et retraitées : même combat ! Vous avez beau tout savoir ou presque sur la ménopause et êtes capable de pondre une thèse de 3ème cycle sur le sujet à la Sorbonne, rien ne vous prépare en réalité à vivre cette étape en profondeur et vous n’échapperez pas à votre destin physiologique et à celui de la femme universelle, sauf incident de parcours, tel qu’en a décidé la grande ordonnatrice, Dame Nature.

Mais la science, la médecine, l’évolution des mœurs et la société s’en mêlent depuis quelques décennies et contrarient ses plans changeant de façon révolutionnaire la donne. Cela passe par des traitements médicaux adaptés, votre acceptation des changements physiologiques et psychologiques, une hygiène de vie, une bonne image de soi et la volonté de ne pas subir la dictature des hormones.

À la cinquantaine aujourd’hui une femme a pu connaître des expériences et des étapes de vie différentes : puberté, sexualité, vie amoureuse, vie conjugale, maternité, divorce, famille recomposée, célibat, vie professionnelle… et peut espérer vivre d’autres expériences encore longtemps en bonne santé. Ainsi avec l’allongement de la durée de vie la ménopause n’est plus ce compte à rebours du temps qui reste à vivre, ni la marque d’un déclin sexuel mais elle peut être au contraire une étape libératoire vers une vie amoureuse retrouvée et une sexualité de qualité.

La société regarde aujourd’hui les femmes ménopausées non plus comme des femmes en fin de course mais comme des femmes actives, sexy, paraissant de plus en plus jeunes. La ménopause n’est plus ce tabou autrefois confiné entre les quatre murs du cabinet du gynécologue.

Si rien ne prépare réellement les femmes à vivre cette étape, elles vivent de plus en plus longtemps en pleine forme, désireuses de plaire. La ménopause est une seconde jeunesse, une liberté retrouvée sans entrave, la promesse de belles années à vivre et à investir.

Maintenant vous savez vraiment.

Plaire et séduire chez la femme de 50-60 ans et +

Depuis quelques années le marché des cosmétiques et de la beauté en direction des « peaux matures » connaît une très forte croissance. Entendez par là de façon élégante et subliminale les peaux qui ont vécu, les peaux qui ont une histoire, celles qui sont fanées, ridées, en un mot « les vieilles peaux ». Le marché des cosmétiques témoigne d’un intérêt notoire pour les plus de 50 ans, les seniors en général et les baby boomeuses en particulier, cible économique intéressante. Le marketing cosmétique segmente le marché et les produits, sonde les peaux et décrypte leurs besoins dans les moindres plis et replis. A chaque âge sa spécificité de peau. À chaque peau son produit peut-on lire dans les magazines féminins. Même si l’expression « peaux matures » couvre en théorie un spectre assez large en terme d’âge, en réalité les femmes de 70 ans et au-delà sont absentes du marché des cosmétiques et des médias. « Peaux matures » est un faux ami. Elles pourraient se sentir concernées mais les produits de grandes marques pour les peaux matures sont représentés et mis en valeur par d’anciens mannequins ou actrices aujourd’hui quinquas et sexa, aux allures de quadra, icônes sur papier glacé. La beauté de la femme au-delà de 70 ans semble tabou. La vieillesse est un interdit. Être jeune, active avec un mental de gagnante auréolée de gloire et de paillette est une injonction sociétale. Exit les marques du temps, du vieillissement. Les messages publicitaires sont guerriers, agressifs : il faut défier le temps, vaincre l’inéluctable, capturer les rides, triompher de l’adversité du temps… Ensemble, professionnels du marketing cosmétique et génération de femmes matures communient dans un même Idéal : le mythe de la jeunesse éternelle. Les uns communiquent, dictent les tendances, les autres consomment dans une quête d’absolu en recherchant le défaut zéro, la perfection.

Séduire et entretenir son capital beauté

En toute femme existe le désir de plaire et de séduire : un compagnon, une nouvelle conquête, son banquier…ou pour soi tout simplement, le plus longtemps possible. Car grâce à l’amélioration des conditions de vie, la femme peut espérer vivre jusqu’à 84 ans. La clé de cette longévité réside non seulement dans l’accès aux soins, aux progrès dans les domaines médical, technologique, cosmétique, nutritionnel. La génération 50-60 et +, est une génération charnière, qui accorde un intérêt croissant à son bien-être et à son hygiène de vie à l’aube du passage à la retraite. Libérée de certaines contraintes et obligations, elle met tout en œuvre pour rester jeune physiquement et mentalement et se prépare à vivre une seconde vie à l’approche de la retraite. Les enfants ont grandi, elle a fini de payer le crédit immobilier, la femme est peut-être séparée et va disposer de ce nouveau temps pour elle et ses projets.

La grande majorité des femmes de 50-60 ans et plus éprouve le besoin d’entretenir son capital beauté et jeunesse, attitude de prévention dont le bénéfice se fera sentir ultérieurement. Faire du sport, mangez de façon équilibrée, avoir une vie sociale et des projets favorisent la longévité et la beauté, le bien-être et l’envie de plaire.

Si vous plaisez et séduisez c’est qu’il émane de vous un « je-ne-sais-quoi » féminin et sexy, charme et sérénité. La femme de 50-60 ans se sent aujourd’hui jeune, moderne et en phase avec son temps et son environnement. Elle réfute le terme de senior auquel elle ne s’identifie pas ainsi que l’image et la représentation que la société renvoie sur les plus de 50 ans. Elle souhaite cultiver le plus longtemps possible cette attitude de prévention. La génération 50-60 et + aborde l’avenir avec une certaine sérénité et adopte une hygiène de vie saine et équilibrée.

Elle est en marche, bienvenue dans Happy & sexy ménopause

Ménopause : coup de jeune ou coup de vieux ?

La ménopause est une étape clé dans la vie des femmes et bien que phénomène universel, son vécu, sa représentation diffèrent d’un continent à l’autre, d’une culture à l’autre. Coup de vieux pour les unes, elle est coup de jeune pour d’autres, tout dépend où vous vous situez sur la planète…

Je vous entends soupirer et répondre sans détour : « coup de vieux ! » et de vous justifier, d’égrener le chapelet des symptômes qui ruinent vos jours et vos nuits. Vous dîtes : « la ménopause, ça me fait suer ». Vous êtes drôle…

« Ma peau est aussi sèche que le désert de Gobi ». Pas de pot !

« Ma libido fout le camp… mon mari aussi, avec une bimbo, la voix s’étrangle, les enfants ont quitté le foyer, je vais être grand-mère, elle le murmure comme si un cataclysme allait s’abattre sur elle. Elle vide une boîte de mouchoirs. Hélène se sent vieille, fatiguée, mal foutue. Sa ménopause est perçue de façon négative et Hélène envisage son avenir proche avec un scénario sombre : en Alzheimer débutante, puis très vite en Alzheimer confirmée et dépendante, en maison de retraite, s’il y a de la place, puis point final, la mort. Assurément sa ménopause est un cap difficile, un gros coup de vieux.

Comme Hélène, beaucoup de femmes aux abords de la cinquantaine franchissent et vivent cette étape naturelle de la vie comme une épreuve physiologique mais surtout psychologique. Ce qui les distingue les unes des autres est le contexte personnel, familial, professionnel etc de chacune qui peut majorer le ressenti des troubles.

Ce qu’elles ont en commun est de vivre cette période de chamboulement dans une société occidentale qui porte au pinacle les valeurs de jeunesse éternelle, de beauté et d’apparences, de zéro défaut, exit les marques du temps. Les magazines féminins exhibent des photos (retouchées) de célébrités quinqua comme des icônes façon « appartements témoins ». Ces mêmes magazines véhiculent une culture anti-âge, et témoignent du marché florissant de la chirurgie esthétique et même du rajeunissement sans chirurgie esthétique ! On n’arrête pas le progrès ! Est-ce réellement une alternative au coup de vieux d’Hélène ? Quelle image et quelle représentation notre environnement social, économique et culturel lui renvoie-t-il de la femme ménopausée ? Hélène feuillette les magazines féminins chez son coiffeur. Elle en sort bien coiffée mais mal lunée. Deux modèles coexistent dans ces pages : La quinqua-sexa paraissant une quadra épanouie, performante, séductrice, sans ride qui ne semble pas concernée par la ménopause, l’autre, la femme ménopausée les joues en feu, collectionnant les symptômes, présentée comme une malade qui nécessite soins et traitements, cible rêvée des labos pharmaceutiques. Ces deux perspectives, celle du déni – trompe-l’œil ou celle de la victime subissant son sort lié à l’âge, sont révélateurs d’une réalité schizophrénique qu’engendre notre société et qui génère malaise, perte de repères et crise d’identité. Chez Hélène, la ménopause coïncide avec des évènements personnels (séparation, départ des enfants, prochainement grand-mère…) qui amplifient ses bouffées de chaleur, son inconfort psychologique, sa déprime.

Le vécu de la ménopause et la perception des symptômes dépendent à la fois du contexte personnel, de sa subjectivité, de l’influence culturelle d’une société sur la représentation de cette période, sur l’âge et le vieillissement.

Des études ont mis en évidence qu’une grande majorité de femmes vivant dans les sociétés occidentales souffrent de bouffées de chaleur, de sécheresse vaginale, de trouble de l’humeur et de déprime, d’ostéoporose liés à la ménopause, qu’elles se plaignent et supportent mal cette étape de leur existence, perçue de façon négative comme une injustice.

Ces mêmes études démontrent que plus le statut et la place des femmes ménopausées sont valorisés au sein d’une société, plus elles traverseront la période de la ménopause avec sérénité, voire même sans troubles.

Tandis que quelque part en France, Hélène, 52 ans, s’éponge le visage et maudit ses bouffées de chaleur qu’une brigade de sapeurs-pompiers ne parviendrait pas à éteindre, elle ne s’imagine même pas, vu sa déprime qu’à l’autre bout de la planète, il puisse exister différentes cultures et ethnies chez lesquelles la ménopause rime avec accomplissement, épanouissement sur le plan social et sexuel. C’est le cas des Indiens Mohave et des Indiens Mayas. Les femmes Mohaves ménopausées ont des amants et jouent un rôle important de conseil, de transmission de savoir-faire, au sein de la tribu. Les femmes Mayas accèdent lors de la ménopause à un statut de guide spirituel, et sont dotées d’un pouvoir chamanique, croyance selon laquelle les femmes Mayas sont capables de retenir leur sang menstruel qui devient de ce fait, sang spirituel. Elles se sentent libérées et soulagées de ne plus avoir de règles ni de grossesse. Pour elles, la ménopause rime avec jeunesse et liberté, la ménopause est une étape positive.

Chez les Sikhs en Inde, la ménopause libère les femmes des menstrues, considérées comme impures et devient une étape valorisante qui leur confère une place et un rôle affirmé au sein de la communauté. Les femmes sont à nouveau pures.

En Papouasie-Nouvelle Guinée, chez les Tin Dama, la ménopause est une mort et une renaissance. Les femmes vivent une sexualité libérée et n’ont ni bouffées de chaleur ni sécheresse vaginale. Elles accèdent à un statut de femmes libres et vont même jusqu’à changer de nom, du coup leurs maris sont considérés comme veufs !

La femme chinoise ménopausée a acquis une maturité et une sagesse qui lui permet d’accéder à un statut social plus élevé.

Le mot ménopause était absent jusqu’à récemment du vocabulaire de la femme japonaise tant elle se plaignait peu de bouffées de chaleur. Depuis, les femmes chinoises et japonaises accèdent au mode vie occidental et font connaissance avec les bouffées de chaleur.

En Afrique et notamment au Rwanda, la femme vit cette période de façon positive et son implication et sa place sont respectées au sein de la communauté. Ailleurs, en Ouganda, la femme devient l’égale de l’homme dans la tribu.

Tous ces exemples, non exhaustifs ont de quoi faire rêver la femme occidentale tant ils témoignent à travers leur diversité culturelle de la représentation positive de la ménopause, du statut social affirmé ainsi que de la place valorisée dévolue aux femmes.

Chez nous, grâce à la génération des babyboomeuses, la société a tendance à évoluer cependant la ménopause reste encore tabou et se vit dans la confidentialité.

Quelle leçon que ces différentes cultures pourraient nous enseigner en occident pour dédramatiser ce passage de la vie et le vivre en harmonie, sans discrimination, sans bouffées de chaleur, sans traitement médicamenteux et sans chirurgie esthétique !

La ménopause, coup de jeune ou coup de vieux ? Cela dépend où vous vous situez sur la planète…

Journée ordinaire de femmes ménopausées au travail

Suzie que vous voyez, sort du métro et se rend au travail. Non seulement elle est en nage, le décolleté et le visage rouge piment, les cheveux ébouriffés, mal phagocytée se rhabillant, comme vous pouvez le constater. Suzie, 49 ans est infirmière dans un centre de santé. Elle se rend le matin dès 7h30, au domicile des personnes âgées et leur prodigue des soins. La tournée s’achève au pas de course sans avoir déjeuné, une réunion de travail avec l’équipe l’attend. Suzie est trempée, une immense fatigue la saisit due aux fréquentes insomnies. Elle accuse difficilement le coup, celui d’être ménopausée. Suzie demande aux collègues d’ouvrir la fenêtre, faute de quoi, elle se transforme en torche vivante et le fait savoir. Elle en est à la moitié de la journée. Une vingtaine de patients l’attendent plus des urgences qui se rajoutent. Suzie pense ne pas pouvoir y arriver. Après le travail, elle passe chez ses parents vieillissants et leur fait quelques courses avant de rejoindre vers 21h ses deux fils de 24 ans et 20 ans, étudiants encore à sa charge. Elle subvient seule aux besoins de ses enfants et aide ses parents. Tous comptent sur elle. Ses journées multitâches l’épuisent, la dépression la guette. Elle maudit ses bouffées de chaleur et peste contre son directeur qui lui en demande toujours plus tout en serrant le budget. Ce week-end, quel week-end ? elle remplace une collègue malade. Suzie vit dans un stress important qui amplifie ses bouffées de chaleur.

Marianne est en charge des relations publiques d’un théâtre parisien. Agée de 51 ans, elle est ménopausée et les symptômes semblent l’handicaper dans son travail. L’enfer selon elle. L’enjeu pour Marianne est de faire face à ses nouvelles responsabilités auprès d’une directrice exigeante et tyrannique. Elle dirige une petite équipe de jeunes gens dynamiques et ambitieux. Elle affiche un sourire en permanence pour masquer une tristesse intérieure. Elle sent bien que son corps se transforme, sa prise de poids récente lui file des complexes qu’elle ne connaissait pas auparavant. Pour assurer, elle doit redoubler d’efforts et apporte du travail chez elle au grand dam de son mari graphiste travaillant à la maison et de sa fille de 15 ans très en demande affective. Au travail, Marianne ne parle à personne de ses symptômes, c’est trop personnel et tabou. Les journées sont très longues et débordent en soirée, lors des représentations. Marianne vit mal cette période. Elle consulte son médecin pour trouver le traitement adapté à ses symptômes.

Les ateliers La ménopause au travail et Le blues de la ménopause, permettent à Suzie et Marianne de sortir de l’isolement, et de se ressourcer.  Deux programmes d’aide et d’accompagnement dédiés aux femmes ménopausées débutantes et confirmées, grâce auxquels elles peuvent en toute confiance questionner, échanger et partager leurs expériences, leurs inquiétudes entre femmes, obtenir de l’aide et des réponses en petits groupes.